Comment mieux se disputer avec son partenaire, dispute après dispute

L'équipe CoupleStars Stabilité 4 min de lecture
Un couple tendu dans la cuisine en pleine dispute, la situation pour laquelle ce guide sur comment mieux se disputer avec son partenaire a été écrit
Photo by Vitaly Gariev on Unsplash

La plupart des couples n’ont pas besoin de moins de disputes. Ils ont besoin que celles qu’ils ont déjà se déroulent autrement, dès les dix premières secondes, et qu’elles finissent ailleurs que dans le silence. Comment mieux se disputer avec son partenaire tient à une poignée de moments précis à l’intérieur d’une dispute : la façon dont elle s’ouvre, ce qui se passe une fois que le pouls s’emballe, et si les petites réparations portent vraiment.

Les premières minutes comptent le plus. Les recherches de John Gottman sur les couples montrent que la manière dont un désaccord commence prédit l’essentiel de ce qui suit, souvent avant même que l’un ou l’autre n’ait exposé un vrai argument. Les mêmes recherches pointent une courte liste d’habitudes qui usent une relation avec le temps, le mépris en tête. Ce guide traite des disputes déjà en cours. Il ne traite pas de l’habitude plus large d’avoir de bonnes conversations avec son partenaire, qui est justement ce qui empêche certaines disputes de commencer. Progresser sur ce terrain suppose de repérer une poignée d’habitudes au moment même où elles se produisent. C’est de la pratique, faite de petits instants, bien plus qu’une refonte de caractère.

Comment mieux se disputer avec son partenaire en commençant sans accusation

Gottman parle ici d’un « démarrage en douceur ». L’expression sous-estime la chose : ce qui compte, c’est l’endroit où commence la phrase, avant même que le ton n’entre en jeu. « Tu as encore oublié de me prévenir que tu serais en retard » s’ouvre en accusant déjà, et la plupart des gens répondent à une accusation en se défendant plutôt qu’en écoutant. Essayez plutôt de partir de ce qui s’est passé et de ce que vous avez ressenti, en disant par exemple « Je suis resté dehors vingt minutes et j’ai commencé à m’inquiéter. » Même reproche, point d’entrée différent. Cela donne au partenaire quelque chose à quoi répondre, plutôt qu’un verdict. C’est souvent cette seule habitude qui décide si les dix minutes suivantes mènent quelque part.

Repérer le mépris avant qu’il ne touche

La critique attaque un choix. Le mépris attaque la personne. Il se manifeste plus discrètement qu’on ne l’imagine : un lever d’yeux, un « bien sûr, comme tu veux » lancé sans relief, un écho sarcastique de ce que le partenaire vient de dire. Les recherches de Gottman considèrent le mépris comme le schéma le plus corrosif dans lequel un couple puisse tomber, plus dommageable encore que les éclats de voix. Il est facile à manquer, car il ne ressemble presque jamais à une attaque au moment où on le formule. Si l’on sent une réplique sarcastique se former avant qu’elle ne sorte, c’est le moment de la nommer plutôt que de la dire. « Je suis sur le point de dire quelque chose de méchant » suffit souvent à l’arrêter avant qu’elle ne touche.

Demander une vraie pause, pas fuir la pièce

Quand une dispute dure trop longtemps, le corps se met à travailler contre soi. Le rythme cardiaque grimpe, on entend de moins en moins bien ce que dit le partenaire, et on risque davantage de dire quelque chose qu’on regrettera. Gottman appelle cela la submersion (« flooding »). Une fois qu’elle s’installe, continuer la conversation n’aide généralement ni l’un ni l’autre. La solution consiste à le dire, à voix haute, en donnant un délai précis, plutôt qu’à quitter la pièce, en disant par exemple « J’ai besoin de vingt minutes, ensuite je veux revenir là-dessus. » Cela évite que la pause ne soit perçue comme un mur de silence, ce vers quoi tend le retrait silencieux même quand l’intention était bonne.

Faire la petite réparation, en plein milieu de la dispute

Les recherches de Gottman sur ce qui distingue les couples qui durent de ceux qui se séparent reviennent sans cesse au même détail : les tentatives de réparation, faites et acceptées, pendant que la dispute est encore en cours. Une tentative de réparation est volontairement modeste, du genre « je peux retirer ce que j’ai dit », « j’ai besoin qu’on se calme » ou « tu marques un point ». Rien de tout cela ne résout quoi que ce soit en soi. Ce que cela fait, c’est faire baisser la tension juste assez pour que la conversation redevienne possible, ce qui est précisément le point de départ de ce qui se passe ensuite, une fois la dispute terminée. Laisser la tentative du partenaire aboutir est l’exercice le plus difficile, surtout quand on est encore agacé et qu’on préférerait garder l’avantage encore un peu.

Un couple s'enlaçant en extérieur en hiver
Photo de freestocks sur Unsplash

Quand rien de tout cela ne change le cours de la dispute

Il arrive qu’on fasse ces quatre choses et que la dispute ne se résolve toujours pas. Il vaut la peine de s’arrêter là-dessus avant de se lancer dans le dépannage. Une grande partie de ce pour quoi les couples se disputent ne se résout pas comme un conflit d’agenda. Il s’agit d’une différence réelle et durable de tempérament ou de valeurs, du genre qui resurgit le mois suivant sous un autre prétexte. Mieux savoir se disputer n’efface pas ce genre de différence, mais cela change si le désaccord reste vivable une fois qu’il s’est installé. C’est là l’essentiel de ce que une dispute qui revient sans cesse sous un nouveau prétexte demande réellement à deux personnes. Quand une dispute se répète malgré un démarrage en douceur, la question n’est plus de savoir comment la résoudre, mais combien de réparation il faut pour vivre à côté d’elle.

Rien de tout cela ne rend le conflit agréable, et ce n’est pas le but. Ce que cela change est plus modeste et plus durable : moins de disputes qui laissent une marque, et moins de disputes laissées à moitié terminées qui se transforment discrètement en ce ressentiment qui s’installe quand un reproche n’est jamais dit à voix haute. La dispute aura toujours lieu. La façon dont elle commence, et ce qu’on en fait une fois dedans, voilà la part qui reste réellement entre vos mains.

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