Comment aborder le contrat de mariage sans se disputer

L'équipe CoupleStars Clarté financière 3 min de lecture
Un couple tenant des tasses de café à une table pendant une conversation calme et sérieuse au sujet d'un contrat de mariage
Photo by Priscilla Du Preez on Unsplash

Quelqu’un a prononcé le mot en premier. Peut-être un avocat l’a-t-il mentionné pendant une planification successorale, un parent l’a évoqué à table, ou l’un des deux partenaires dirige une entreprise qu’un divorce pourrait autrement démanteler. Quelle que soit la façon dont il est arrivé, le contrat de mariage s’est désormais installé dans la relation. Il ne disparaît pas simplement parce que personne ne veut en parler. Comment aborder le contrat de mariage compte presque autant que son contenu, car la conversation donne un ton que les papiers ne pourront plus corriger ensuite. C’est l’une des conversations sur l’argent que les couples ont tendance à repousser jusqu’à ce qu’une échéance les y contraigne : ce qu’il faut clarifier avant d’en parler, quand le dire, et que faire si cela tombe mal.

Comment aborder le contrat de mariage compte plus que le document

La psychologue clinicienne Jeannette Correa, qui a aussi travaillé comme organisatrice de mariage, écrit qu’une conversation sur le contrat de mariage se déroule bien ou mal pour les mêmes raisons que n’importe quelle conversation difficile : selon que les deux personnes se sentent entendues, et selon que l’un des partenaires décide pendant que l’autre est simplement informé. Le Gottman Institute fait une remarque similaire à propos de la façon de parler d’argent avec son partenaire, plus largement. Il recommande de s’asseoir ensemble bien avant le mariage pour passer en revue les habitudes de dépense et les dettes de long terme, puis de revenir régulièrement sur cette conversation à mesure que les choses évoluent. Cette habitude compte plus qu’une seule discussion. Un contrat de mariage qui découle d’une vraie conversation se lit différemment, pour les deux partenaires, que celui qui arrive sous la forme d’un document à signer.

Connaître sa propre raison avant d’en parler

Le premier conseil de Correa consiste à vérifier ses propres présupposés avant de les formuler à voix haute. Nommer la vraie raison. Si le premier réflexe est de partir d’une peur, un associé qui repartirait avec la moitié d’une entreprise, ou une dette que l’un des deux a apportée dans la relation, mieux vaut le dire clairement plutôt que de le laisser entendre. Un contrat de mariage articulé autour d’une préoccupation réelle et précise se lit comme une information. Formulé vaguement, présenté comme une pratique désormais courante, il tend à se lire comme de la méfiance sans source identifiable, ce qui est plus difficile à recevoir pour un partenaire.

En parler avant qu’une échéance ne s’en charge

Attendre que les faire-part soient imprimés, ou que l’acompte pour la salle ne soit plus remboursable, transforme une conversation financière en problème logistique assorti d’un compte à rebours. Mieux vaut en parler plus tôt, dans un cadre sans pression temporelle : un dimanche après-midi tranquille fonctionne bien mieux que vingt minutes avant l’arrivée des invités pour des fiançailles. Personne ne réfléchit clairement l’horloge en marche. Un contrat de mariage décidé dans la précipitation a tendance à sembler imposé à la relation plutôt qu’issu d’elle.

Un couple qui marche et discute ensemble sur un trottoir
Photo de The Jopwell Collection sur Unsplash

Le construire à deux plutôt que le présenter

Un projet qui arrive déjà rédigé demande une signature. Il fait l’impasse sur la conversation elle-même. Correa recommande que chaque partenaire ait son propre conseil indépendant. Un document rédigé par un seul avocat pour un seul partenaire se lit comme une feuille de conditions, même quand personne ne cherche l’affrontement. Deux personnes qui travaillent chacune de leur côté avec leurs propres conseillers, puis comparent leurs notes, produisent quelque chose qui se rapproche davantage des accords que la plupart des couples laissent implicites, rendus explicites volontairement. La transparence financière complète fonctionne de la même façon. Les deux partenaires nomment à voix haute leurs dettes et revenus réels, de sorte qu’aucun des deux ne reste à deviner la version de l’autre. Cette visibilité fait souvent plus pour la confiance que les termes finaux eux-mêmes.

Si la première conversation tourne mal

Parfois, la première tentative tombe mal, aussi soigneusement soit-elle formulée. Un partenaire qui se referme, ou qui entend derrière la demande d’un contrat de mariage un manque de confiance envers le mariage lui-même, ne réagit pas forcément à la façon dont la chose a été amenée. Pour certaines personnes, le moment choisi et les mots employés n’ont jamais été le vrai problème. C’est la demande elle-même qui change le sentiment de sécurité de la relation, et aucune formulation n’y changera rien. Cela permet seulement de nommer plus honnêtement le malaise, le même travail lent qui sous-tend la reconstruction de la confiance après qu’elle a déjà été brisée. Mieux vaut ne pas pousser pour obtenir une décision le jour même. Il s’agit de dire clairement qu’on ne cherche pas à conclure quoi que ce soit, seulement à entamer la discussion, puis de laisser un vrai temps avant d’y revenir.

Ce que cela apporte réellement

Rien de tout cela ne garantit une conversation facile, et la façon de la formuler n’efface pas ce qu’un contrat de mariage peut représenter pour le partenaire qui ne l’a pas proposé en premier. Ce que cela permet, c’est de rendre le processus lui-même équitable. Les deux personnes informées, les deux représentées, aucune ne découvrant les termes une fois qu’ils ont déjà été décidés. Cela reste concret. C’est une promesse plus modeste que de rendre l’ensemble indolore, mais c’est une promesse qu’une telle conversation peut réellement tenir.

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