Comment avoir de meilleures conversations avec son partenaire

L'équipe CoupleStars Connexion 4 min de lecture
Un couple assis face à face à une table de cuisine en pleine conversation, l'un des cadres ordinaires où l'on apprend à avoir de meilleures conversations en couple
Photo by Vitaly Gariev on Unsplash

La plupart des gens qui cherchent à avoir de meilleures conversations en couple ne font pas face à une rupture de communication totale. Ils se heurtent à une friction précise : un sujet qui revient sans jamais se résoudre, ou une conversation qu’on repousse depuis des semaines. La conversation n’est pas impossible. Elle finit simplement à peu près de la même façon, et aucun des deux ne sait vraiment pourquoi.

Les échanges qui tombent à plat le plus souvent sont ceux qui ont été préparés. L’un des deux a réfléchi à ce qu’il voulait dire, a anticipé comment l’autre pourrait répondre, a prévu comment gérer ça. Cette préparation donne l’impression d’être responsable. Ce qu’elle fait, en réalité, c’est mettre l’un sur des rails : une fois lancés, ce que dit l’autre compte moins.

Ce qui bloque les meilleures conversations en couple

La version la plus courante : les deux sont dans la conversation, mais l’un est arrivé avec un script mental. Quelque chose pensé à l’avance. Ce peut être un conflit à aborder, quelque chose qui couvait depuis un moment, ou un sujet sans cesse repoussé. Le résultat est une mise en scène habillée en échange. L’un gère sa façon de dire les choses ; l’autre répond à quelque chose qui n’est pas tout à fait la vraie conversation.

Le moment choisi joue aussi. Un échange entamé en plein conflit, ou quand l’un a déjà un pied dehors, produit souvent deux personnes qui défendent leur position sans vraiment se parler. Le même sujet qui revient chaque semaine sans se résoudre, c’est aussi comme ça que commence le glissement progressif entre partenaires : non pas brusquement, mais lentement.

Poser la question qu’on a vraiment

La plupart des conversations s’enlisent parce que la question posée n’est pas tout à fait la vraie. La vraie est un peu plus directe, un peu plus vulnérable, et la poser suppose d’être prêt à entendre la réponse. Alors on pose la version prudente à la place.

Le Gottman Institute décrit cela comme la différence entre les questions ouvertes et les questions fermées. « Comment tu te sens par rapport à tout ce qui s’est passé ces derniers temps ? » ouvre un échange différent de « Ça va ? ». La première exige une vraie réponse. La seconde peut se fermer en deux mots. Les deux personnes sentent généralement quand la vraie conversation n’a pas encore commencé, et l’échange cale exactement à ce point sans que l’un ou l’autre comprenne vraiment pourquoi.

Écouter jusqu’au bout avant de commencer à répondre

C’est là que la plupart des conversations perdent leur élan. L’un parle encore et l’autre a déjà commencé à composer sa réponse, bien avant que le premier ait atteint ce qu’il voulait vraiment dire. Cela arrive vite, sans grande intention.

La règle du Gottman Institute pour la conversation intime, c’est que comprendre doit précéder les conseils. En pratique, c’est plus difficile qu’il n’y paraît. L’envie de répondre va plus vite que les mots que son partenaire est encore en train de trouver, et au moment où il finit de parler, la réplique est déjà à moitié assemblée. Quand son partenaire termine, on marque une pause. On reformule ce qu’on a compris, en une phrase. La plupart du temps, ça change ce qui vient ensuite, et ça fait basculer le lien émotionnel dans la relation d’une double livraison en parallèle vers un véritable échange.

Deux personnes assises sur un canapé, l'une tournée vers l'autre dans un moment silencieux d'écoute
Photo de Toa Heftiba sur Unsplash

Reconnaître qu’on a cessé d’écouter

Le signe le plus clair qu’une conversation a déraillé, c’est quand ce que dit son partenaire ne modifie plus ce qu’on va dire ensuite. Quelque chose a déjà été décidé. Les points importants ont été réfléchis à l’avance, surtout quand l’échange couvait depuis un moment. On est maintenant en train de les délivrer, et les réponses de l’autre s’enregistrent sans nous réorienter.

Quand c’est le cas, il vaut la peine de le nommer franchement : « Je crois que je suis en train de faire un discours. Qu’est-ce que toi, tu voulais vraiment dire ? » Ce recadrage est plus difficile qu’il n’y paraît, et il peut sembler qu’on cède la parole au mauvais moment. Ça vaut pourtant le coup. Ce qui en sort, c’est généralement la conversation qui était censée avoir lieu.

Quand la conversation ne trouve toujours pas sa cible

Certaines conversations n’aboutissent nulle part, même menées avec soin. Le sujet est peut-être genuinement difficile. Ou l’une des deux personnes a besoin d’un jour ou deux avant de pouvoir dire ce qu’elle a vraiment pensé, et le premier échange sera toujours la version brouillon, incomplète presque par nature.

Kardas, Kumar et Epley ont publié des travaux dans le Journal of Personality and Social Psychology en 2021 montrant que les gens sous-estiment systématiquement à quel point leur partenaire se sent connecté et entendu après un échange plus personnel. La conversation qui semblait incomplète de son côté a souvent mieux atterri qu’il ne semblait de l’intérieur.

Un bilan hebdomadaire avec son partenaire aide ici : il donne aux sujets difficiles un espace régulier où revenir, sans qu’une seule conversation ait à tout porter.

Une meilleure conversation en couple ne s’annoncera pas d’habitude. Elle tend à sembler un peu plus lente. Ce qui change se manifeste souvent le lendemain : un léger allègement de ce qui pesait, la sensation que quelque chose a vraiment été dit et entendu. C’est une mesure différente de celle de savoir si ça s’est bien passé sur le moment.

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